Comment avancer ?

On peut difficilement qualifier l’éco-conception logicielle comme étant un souhait ou alors une nécessité car ce sont des notions subjectives. Cette qualification dépend donc des différents acteurs et de leur avis respectif. En effet, les entreprises mettant en avant l’éco-conception auront tendance à dire que c’est un souhait puisque c’est leur mission de la faire se développer, mais aussi une nécessité pour les raisons déjà évoquées plus haut. Alors que pour la plupart des entreprises, ce n’est pas nécessaire : nous ne sommes pas dans une ère d’insuffisance énergétique ou de ressources. Mais cependant, certaines sont d’accord pour dire que les qualités qu’apporte l’éco-conception logicielle sont souhaitables, mais que malheureusement, leur implémentation n’est pas rentable car elle demande beaucoup de temps, d’argent et d’efforts pour peu de gain.
Ainsi, globalement, l’éco-conception logicielle n’est pour l’instant pas encore considérée comme étant une nécessité mais il existe une minorité d’entreprises qui pense autrement. On constate la même chose au sein même de notre groupe, nous n’avons pas tous la même opinion sur le sujet. Une personne pense qu’au vu des problématiques environnementales et techniques exposées plus haut, il est clair qu’il faut réagir, que toute bonne action doit être entreprise, que certes, cela prendre du temps, surtout l’adoption du réflexe d’éco-conception lors des spécifications des produits mais que ça reste une nécessité, et qu’il faudra compter sur l’ouvrage du temps pour son intégration. Alors que les autres pensent que certes l’objectif est louable mais que les avancées technologiques et matérielles futures, telles que l’augmentation de la puissance et des capacités de stockage, rendront l’éco-conception logicielle non nécessaire. En effet, nous sommes en ce moment dans une course aux matériels de plus en plus performants que rien ne semble arrêter.

 

Différents leviers

L’éco-conception soulève de nombreux freins à son adoption, parmi lesquels des raisons d’ordre économique, comme le coût de « remise à plat » du modèle de développement, ou encore d’ordre technique, par exemple le manque de temps pour changer les habitudes dans les entreprises.

Cependant, il existe de nombreux arguments en faveur de son adoption :

  • Environnement : on assiste à une prise de conscience de l’impact environnemental de l’activité humaine, structurée autour du mouvement de développement durable. L’éco-conception logicielle peut s’appuyer sur cette sensibilité présente aussi bien dans les entreprises que chez le grand public, afin de se répandre.
  • Finance et économie : il est indéniable, selon nos interlocuteurs, que sur le long terme, les objectifs de réduction de la consommation de ressources prônés par l’éco-conception logicielle entrainent une réduction de coût pour les entreprises sur le long terme. Cette économie a lieu sur le parc de machines (moins de renouvellement, achat proportionnés) et sur la consommation énergétique.
  • Concurrence : une plus grande efficacité de la couche logicielle permet une plus grande souplesse des installations, et une expérience utilisateur meilleure, car plus rapide et réactive : un plus non négligeable à l’heure de la virtualisation des services et du Cloud. Cependant, il reste encore difficile d’utiliser l’éco-conception logicielle comme argument principal de vente auprès du grand public, à cause de son manque de résonance propre.
  • Social : l’éco-conception permet aussi de revaloriser le métier de développeur, en revisitant les mécanismes de gestion de projet au sein des entreprises, mais également donner tout simplement un sens au travail de développeur en apportant une dimension environnemental supplémentaire, le faisant acteur du développement durable

Et pratiquement ?

Pour faire progresser pratiquement l’éco-conception logicielle dans les mentalités et dans les entreprises, plusieurs pistes nous ont été suggérées par nos interlocuteurs :

  • Communication : c’est sûrement le nerf de la guerre. Pour les entreprises, il s’agit de faire de la promotion pour inciter les développeurs à adopter des bonnes pratiques. Cela peut aussi consister, tant pour les entreprises que pour le grand public, de chiffrer les pertes issues des NTIC et les gains accessibles grâce à l’éco-conception. Il faut surtout utiliser des unités concrètes pour ancrer l’explication dans le réel.
  • Convaincre les décideurs : dans la démarche d’une entreprise de prise de décision d’appliquer les principes d’éco-conception logicielle, les dirigeants ont un rôle d’importance. En effet, ce sont eux qui déterminent le sens que prend la société. Il peut s’agir de la direction de l’entreprise, ou encore des chefs de projet ou de produit.
  • Émergence des moyens techniques : pour faciliter la mise en place de l’éco-conception logicielle, des outils logiciels peuvent être mis en place, comme des outils de mesure en premier lieu, et ensuite des modules d’aide à la décision (repérage de code consommateur par exemple).
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