Thierry Leboucq

Interview de Thierry Leboucq, directeur associé de Kaliterre

Quels sont les principes de Kaliterre ?

Nous travaillons dans le domaine de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), qui est importante pour nous et qui fonde les valeurs de Kaliterre. En effet, même si nous allons travailler sur les parties techniques, la RSE est vraiment la base de nos valeurs, et du coup on l’applique aussi à nous et à nos clients, c’est-à-dire que nous accompagnons nos clients à mettre en place les RSE dans les entreprises.

Ensuite nous sommes dans des sujets qui vont croiser la technologie, puisque nous cinq (les 5 membres de Kaliterre, ndlr) venons du monde de la technologie, donc dans le GreenIT qui finalement va être le croisement du développement durable avec l’informatique. Donc là c’est un sujet sur lequel nous travaillons, nous faisons de la mesure, mettons en place des bonnes pratiques, des formations sur le Code de Conduite européen des Data-Centers, sur plein de choses qui vous permettent d’économiser de l’énergie, des ressources au niveau informatique.

Nous avons aussi une particularité : nous avons développé des compétences liées à ce qui touche à l’éco-conception des logiciels. Là, on creuse un peu plus dans le GreenIT, on s’attaque aux couches logicielles. Elles ne sont pas beaucoup adressées quand on parle de GreenIT, on pense surtout à des machines, des réseaux qui consomment moins,… Mais nous nous sommes dit que le logiciel consomme. Et c’est là-dessus que nous sommes partis. Nous avons tous programmé, nous savons ce que ça veut dire. Nous avons des bonnes pratiques, et nous œuvrons autour de missions autour de l’éco-conception.

 

Concrètement, qu’est-ce que l’éco-conception logicielle selon vous ? Qu’implique-t-elle ?

L’éco-conception peut revêtir plusieurs sujets, plusieurs axes, et peut englober des disciplines déjà existantes. Si on veut regarder plus loin que l’éco-conception et la consommation énergétique et de ressources, on peut dire qu’on essaye de travailler sur ce qu’est un logiciel durable. C’est un logiciel sur lequel on va avoir des actions en terme de sécurité, c’est-à-dire garantir un accès correct à un utilisateur. C’est aussi la qualité, pour s’assurer qu’il est bien documenté et qu’on va pouvoir prolonger la durée de vie et maintenir facilement le logiciel. Mais c’est aussi l’accessibilité du numérique au plus grand nombre, c’est-à-dire que si les contenus et services sont accessibles, on prend en compte la dimension sociale. On n’est donc plus dans l’éco-conception environnementale, mais dans l’éco-conception sociale et humaine. Donc l’éco-conception peut revêtir un périmètre assez large.

Aujourd’hui quand on parle d’éco-conception des logiciels, on a tendance à dire que, hors des sujets dont je viens de vous parler, qui existent déjà dans des référentiels qui sont adressés (par exemple, pour l’accessibilité, on a le label AccessiWeb ; on a aussi des normes de qualité et de sécurité), en fait tout ça contribue à un logiciel durable, éco-conçu. Sauf que la particularité du domaine sur lequel nous travaillons, c’est l’éco-conception de ressources et d’énergie (plutôt la partie environnementale) et la consommation propre d’énergie.

On a eu l’occasion de présenter l’éco-conception logicielle, et pour l’instant ce n’est pas une discipline connue, reconnue, marketing, un peu fumeux. Nous nous sommes dit que finalement, il y avait quelque chose à écrire, pour bâtir les bases de l’éco-conception. Nous avons donc écrit avec Olivier une grosse partie du livre (Green Patterns, ndlr) sur la création des bases de l’éco-conception logicielle, à quoi ça sert et comment ça se pratique.

 

Depuis quand y a-t-il des entreprises qui s’intéressent à l’éco-conception logicielle ? Comment leur nombre évolue-t-il ?

Aujourd’hui, pour l’éco-conception logicielle, il y a peu de clients. Pourquoi ? Parce que si je dis « J’économise des ressources et de l’énergie », la chaîne est très importante entre celui qui programme le logiciel et celui qui in fine paye la facture. On n’a pas en face celui qui va écrire le code et celui qui va devoir payer quelque chose si le premier code bien ou pas bien. Donc on voit bien que l’éco-conception a du mal à se matérialiser au niveau économique, parce que la chaîne d’intermédiaires jusqu’à celui qui paye in fine est très longue. Et donc aujourd’hui on ne peut pas aller voir un hébergeur en disant « Mettez en place des principes d’éco-conception » : l’hébergeur qui paye la facture électrique, à un moment, ne sait pas comment coder, et à la limite ce n’est pas son problème. Il faut qu’il fasse tourner le logiciel dans un environnement donné et rendre un niveau de service. Donc on a un vrai problème pour toucher les clients.

 

Comment on touche les clients aujourd’hui ?

On a différentes manières. Pourquoi on a des clients au fait ? Ils sont intéressés par plusieurs choses. Par exemple, quand ils travaillent dans un environnement contraint, comme un smartphone. La plupart des gens rechargent leur smartphone tous les jours. Ils ont besoin de prises pour recharger tous les soirs. Et c’est un vrai problème, pas économique (un plein coûte quelques centimes d’euros), mais sur l’autonomie. C’est un système embarqué que j’utilise pour tout, pour payer, pour regarder des films, on peut l’utiliser pour tout ce que je veux. Comment on utilise le logiciel pour que le smartphone consomme moins ? Il y a donc un enjeu d’autonomie et non pas un enjeu économique. Mais au final, peut-être qu’on va télécharger un logiciel ou acheter du matériel parce qu’il est éco-conçu, et qu’in fine ils vont rendre un service plus intéressant parce qu’ils vont permettre que le périphérique, l’ordinateur, la tablette ou le smartphone consomme moins, se rendant ainsi plus intéressant plus l’utilisateur final. Ça se traduira indirectement en économie.

Les autres enjeux sont de se dire que l’éco-conception rend service à celui qui vend quelque chose d’éco-conçu. Dire qu’un produit est éco-conçu rencontre une certaine sensibilité de la part de quelqu’un qui dit : « Je suis prêt, à prix égal ou même supérieur, à acheter un produit éco-conçu ». C’est pareil pour le logiciel. On pourrait dire qu’un éditeur de logiciel ou un intégrateur qui fait du logiciel de cette façon est intéressé pour finalement mettre en valeur cet aspect éco-conçu, en disant « Mon logiciel est green » (je simplifie). Donc ça permet à un acheteur potentiel de se dire : « Ça m’intéresse, vous faites la même chose que les autres, mais en plus vous avez pris en compte cette dimension environnementale et sociétale ». On est là plutôt sur une question de label, une question d’image marketing qui peut rendre service à un intégrateur ou un éditeur.

Dans l’idée de changer la mentalité des entreprises, est-ce qu’il ne faudrait pas aussi essayer de toucher les étudiants ?

C’est une vraie problématique. On se rend compte que dans les entreprises, on n’apprend pas aux développeurs à éco-concevoir, mais à développer des logiciels au meilleur prix, avec les fonctionnalités demandées, en ayant une performance correcte, satisfaisante, en fonction de la demande du client. Si le client ne demande pas des choses, le développeur ne va pas le faire. D’ailleurs, on ne va pas lui donner la possibilité de le faire, c’est le chef de projet qui va dire : « On a un budget à respecter aussi, on doit gagner de l’argent sur ce projet, on ne va pas faire plus ». Donc à partir du moment où la qualité ou la sur-qualité n’est pas demandée pendant la conception, aucun développeur ne va faire cette sur-qualité. L’éco-conception est un petit peu un principe de qualité, puisqu’on va s’intéresser au fait que le logiciel va moins consommer.

Aujourd’hui finalement, on ne va pas parler d’éco-conception à l’étudiant qui arrive dans l’entreprise. Donc soit on passe dans toutes les entreprises et on fait de la formation (ça permet aux développeurs de rattraper leur retard et d’intégrer ça dans leur pratique), mais on s’est dit qu’il fallait aussi toucher les écoles. C’est là qu’on apprend aujourd’hui à programmer, et c’est dommage si on n’a pas cette dimension environnementale, car c’est quand même les futurs développeurs dans les entreprises qu’on ne touchera pas, car c’est eux qui peuvent aussi apporter un sens dans les entreprises dans lesquelles ils vont aller. Et aussi une nouvelle dimension : ça peut permettre de les mettre en valeur dans ce qu’ils apportent. Aujourd’hui, tout le monde sait ce qu’est la qualité, la sécurité probablement, mais on pourrait travailler également sur ce qui pourrait apporter une dimension supplémentaire : la dimension environnementale et sociétale. Ainsi, le développeur trouverait un sens à sa démarche de développement, en se disant : « Je ne suis pas juste quelqu’un qui écrit des lignes de code, mais je vais pouvoir apporter une dimension supplémentaire environnementale, et donner du sens aussi à mon travail ». Donc on donne des cours aussi dans plusieurs écoles : il y a l’ESAIP à Angers qui a été précurseur. Nous y donnons des cours d’éco-conception depuis 3 ans. Nous en donnons également à l’IPSI, et à l’école des Mines de Nantes depuis cette année.

C’est un point important, et on voit que les étudiants sont réceptifs et intéressés.

Comment peut-on évaluer la vitesse à laquelle les changements se passent dans les entreprises ?

L’évolution se fait très lentement. Le premier travail n’est pas d’aller vendre des logiciels ; nous nous sommes lancés dans l’édition pour essayer d’automatiser la reconnaissance des objets consommant dans les programmes informatiques. Mais ça, c’est quelque chose qu’on va avoir du mal à vendre, parce que la chaîne est très longue, et avant que l’on soit en capacité de vendre à quelqu’un qui juge l’intérêt, ça peut être long. Donc il y a un gros travail de sensibilisation. Récemment, nous avons parlé avec un très gros client pendant des mois d’éco-conception avant que ça puisse se traduire en une mission et dans de la formation, parce que ça prend beaucoup de temps. Il faut comprendre, il faut évangéliser. Ils ont dû entendre que c’était intéressant, ils ont dû se dire : « Tiens, ça peut nous servir dans un appel d’offre ». Quelque part, ça prend du temps. Les techniciens doivent se l’approprier, ce n’est pas toujours évident. Ils disent : « On nous n’a jamais appris à développer comme ça » ou « Qu’est-ce que l’éco-conception ? C’est un peu fumeux finalement, je ne comprends pas ce qu’il y a derrière ». Donc il y a aussi une mise en doute.

Ainsi le taux de pénétration dans l’entreprise est quasiment nul aujourd’hui. Personne ne parle d’éco-conception en entreprise, c’est très rare. On peut dire qu’aujourd’hui on est quasiment au niveau zéro, même si on a commencé à évangéliser avec les livres, des conférences, ou notre site. Nous avons monté aussi une association autour de l’éco-conception ; nous avons une vingtaine d’adhérents, ça commence à prendre. Mais c’est quelque chose de très long, on le sent bien. En premier l’évangélisation, et on verra ensuite si ça peut prendre parce que les écoles s’y seront mises.

L’étudiant aujourd’hui est un vrai moteur. La génération actuelle est née avec les ordinateurs, et quand elle arrive dans une entreprise, elle est « fluent » avec l’informatique. Et donc si elle apporte cette dimension d’éco-conception, elle va avoir un atout considérable dans les entreprises, car elles ne le font pas aujourd’hui. Ces démarches d’éco-conception va faire gagner du temps à l’entreprise grâce à la prévision de charge lors de la conception, et donc des tests plus courts.

Donc l’éco-conception logicielle est intimement liée à l’optimisation des logiciels ?

En effet, mais pas que ça.

On peut prendre par exemple une Green Pattern non liée à la performance, comme l’arrêt des scripts dans les fenêtres minimisés. Ce pattern permet de gagner de la consommation énergétique chez l’utilisateur, et évite des requêtes inutiles, donc désengorge le réseau.

On se rend compte aujourd’hui que la plus grosse dépense énergétique n’est pas les Data-Centers, mais la partie cliente. En sachant que l’énergie consommée fluctue selon les usages, même si la différence est quasi-imperceptible pour un utilisateur au niveau de la facture, imaginez à l’échelle de l’Humanité.

On se rend compte aussi que de plus en plus les logiciels deviennent lents. Ça risque de poser un problème, en entraînant des consommations supplémentaires…

A vrai dire, il faut quand même qu’on se pose des questions sur cette obésité des logiciels qui ralentit nos postes et qui nous oblige à les changer. En effet, le plus impactant au niveau environnemental aujourd’hui, ce n’est pas la consommation énergétique d’un ordinateur en fonctionnement, (malgré son importance à l’échelle mondiale), c’est le fait que tout le monde change son poste, car à un moment donné, il n’est plus compatible avec les logiciels du marché.

Et là, on est dans l’obsolescence provoquée du logiciel sur le matériel et c’est ici que se trouve le réel enjeu du logiciel. Aujourd’hui, un logiciel est fait de telle sorte que tant qu’il a de la place, il en prend de plus en plus, et tant pis pour les personnes qui ont un vieux poste, elles en changeront. Et l’informatique évolue tellement vite qu’on est amené à se dire qu’on va changer de machine : car si on ne peut pas se connecter à Internet de façon rapide, on ne peut pas acheter son billet de train, voter, regarder des films en ligne, lire en ligne, acheter en ligne, etc. Et les usages continuent de se diversifier. Demain, on n’aura plus rien sans Internet. Et on a également de plus en plus de personnes qui s’y connectent, donc des enjeux mondiaux colossaux, avec, pour le moment, très peu d’outils de mesure ; c’est à dire qu’on ne sait pas vraiment où va Internet, d’où l’intérêt de regarder ce que l’on peut faire à l’échelle de l’éco-conception d’Internet. Qu’est ce qu’on peut faire sur le sujet ? Alors ça ce sont de vrais enjeux. On a d’ailleurs un projet dont l’objectif est de mesurer la consommation d’Internet : vous entrez votre site Web, et derrière, on mesure la consommation de celui-ci. Et c’est intéressant, ça permet d’avoir une étiquette énergétique de type A ou B comme pour les consommations de réfrigérateurs par exemple. Pour cet outil, l’objectif c’est d’avoir le premier observatoire de l’Internet, le premier site qui est capable de donner des informations sur la consommation d’Internet et de savoir vers où on va. Derrière cette application, on mesure, on est capable de capter tout ce qu’il y a derrière les pages, on peut savoir si on a du flash, des images, publicités etc. Aujourd’hui, il y a 500 sites, demain peut être des millions. Cela pourrait permettre de savoir comment évolue le modèle Internet en terme de consommation, vers le haut ou vers le bas, et à cause de quoi : est-ce lié aux navigateurs qui consomment de plus en plus, aux timers, etc. On peut ainsi obtenir une certaine tendance.

Par exemple, si on a une technologie émergente, très consommatrice, présente dans 5% des pages, mais qu’on prédit qu’elle sera présente à 90%, on pourra voir vers quoi on va, si c’est possible ou pas. Et c’est là qu’on crée un premier observatoire, avec l’idée de prédire ce qu’il va se passer dans l’Internet, d’où des enjeux mondiaux, reliés également à des enjeux personnels qui seraient par exemple, de tester la consommation de son blog et essayer de baisser sa consommation.

Nous avons vu qu’il existait quelque chose pour traiter la consommation d’un programme. Un logiciel qui mesure la consommation des logiciels. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui en effet, c’est ce que l’on voit arriver de manière professionnelle et avec d’importants acteurs, comme par exemple Microsoft. Ils ont implémenté pour la première fois dans leur IDE, VisualStudio 2013, un profileur de consommation. En fonction de ce que vous codez, vous êtes capable de voir ce qui consomme dans votre code. Cela montre que des gros acteurs s’intéressent au sujet. Ils sont allés à l’endroit où il y a une surconsommation, et cela permet au développeur de savoir s’il doit changer quelque chose ou non dans son code. Pour cela, nous avons créé un outil, GreenSpector, qui permet de détecter les objets consommant, parce qu’on pense que le vrai travail du développeur n’est pas seulement de constater la consommation de son programme à la fin de sa réalisation, c’est également de voir en amont les instructions, les “Green Pattern” qu’il doit utiliser, non seulement afin de pouvoir vérifier son travail mais aussi de pouvoir l’intégrer au fil du projet, en intégration continue, pas uniquement lorsque le code est fini. L’objectif, c’est que l’outil ne soit pas définitif, ce n’est qu’un outil d’accompagnement et de formation. C’est vrai qu’à court terme, ce sera long et fastidieux, il y aura tout d’abord une phase de sensibilisation, dans laquelle il faut montrer des choses, donner des chiffres afin d’être convaincant, créer des unités, car les gens ne savent pas vraiment ce que les consommations représentent en effort humain. Par exemple, sur un logiciel, nous souhaitons donner des unités fonctionnelles qui soient parlantes aux individus qui vont développer et à ceux qui vont utiliser l’application. On pourrait même imaginer de nouvelles unités comme la requête Google qui représenterait par exemple, un bol de thé chauffé. Dans un futur relativement proche, ne pourrait-on pas imaginer parler en requêtes Google pour parler de consommation dans le numérique ? Ce serait quelque chose d’intéressant à mettre en place, car cela signifie quelque chose pour les gens. C’est quelque chose de très simple, et ça a un véritable impact. L’équivalent en requête Google prend du sens et on comprend son impact.

C’est un premier aspect de la sensibilisation. Un second aspect passerait par le biais d’un label, notamment avec le W3C. Nous les avons d’ailleurs rencontrés pour discuter avec eux de ce que nous pourrions mettre en place dans le cas de l’éco-conception logicielle et ils nous ont répondu que cela les intéressait. Dans une association française, le Green Code Lab, nous avons eu l’idée d’introduire un label qui permettrait de dire : “nous avons envie de défendre ce sujet-là”. Et on s’aperçoit que de plus en plus de gens, d’acteurs nationaux et internationaux, s’intéressent au sujet. Par exemple, pour un site Web, si vous passez d’un indice de consommation élevé à un indice de consommation plus faible, vous avez fait un effort, et donc vous avez envie que cela se sache. Vous pourriez ainsi mettre un label sur votre site qui montre que vous avez fait cet effort. L’idée, ce serait donc d’avoir un label “Eco-conception logicielle”.

Orange est en train de travailler sur des moyens pour économiser de l’énergie sur leurs parcs de serveurs ainsi que sur leurs antennes de distribution. Cela implique donc qu’il va y avoir également d’importants acteurs d’Internet comme les DNS qui vont vouloir essayer d’économiser de l’énergie car la consommation doit représenter une somme assez importante. Qu’en pensez-vous ?

Effectivement, il y a des gros programmes au niveau international, comme le Green Touch par exemple, qui est un gros consortium mondial d’acteurs d’Internet qui regarde la consommation en termes de matériel et d’infrastructure. Le Green Touch est d’ailleurs venu à Nantes, et on a pu les rencontrer, discuter avec eux, et des potentielles collaborations ont pu être abordées parce qu’ils n’ont pas encore intégré l’éco-conception. C’est plutôt étrange car ils n’ont pas encore touché aux couches logicielles alors qu’il y a de vrais enjeux pour eux, c’est pourquoi nous avons prévu de travailler avec eux.

Et on a également rencontré des gens au NEM Summit (Networked & Electronic Media Summit) : c’est un sommet qui traite globalement des contenus et des réseaux. Et nous nous sommes rendu compte qu’il existait peu de choses au niveau de ces contenus alors qu’il y aurait besoin de contenus éco-conçus.

Nous avons prévu d’écrire un “position paper” en début de 2014 pour la commission européenne afin de donner une position de l’éco-conception et les contenus, car aujourd’hui, ces sujets ne sont pas encore traités.

L’éco-conception a du lien avec le matériel, mais aussi avec le contenu. C’est pourquoi nous voulons cibler et collaborer avec les personnes qui travaillent dans ces domaines, car finalement, l’éco-conception peut se rapporter à de nombreux sujets différents. Et donc aujourd’hui, on collabore avec des gens qui travaillent sur les contenus, comme les médias, les vidéos, les contenus en ligne, ainsi qu’avec des personnes qui font de la publicité sur Internet, car ils mettent des contenus en valeur. L’objectif, c’est de réfléchir ensemble sur l’éco-conception de ces contenus.

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